Bonjour,

Depuis Vendredi et l'arrivée du 35... je n'arrête pas de tester un tas de mises en situation et ça marche... quasi à chaque coup. Du portrait rapproché avec pdc ultra courte et bokeh progressif, aux cadrages acrobatiques en passant par du lifestyle et du street (et du jardin aussi ) je n'arrête pas de multiplier les essais pour prendre en main ce caillou. Je constate entre autres choses que je limite beaucoup les déclenchements: avec le zoom je prends parfois à 3 ou 4 reprises la même chose avec cadrage un chouya différent, avec le 35 je passe un chouya plus de temps à cadrer mais quand je déclenche c'est la bonne (ou la seconde le sera).

C'est très agréable et me rappelle, non sans nostalgie, le bonheur que j'avais d'utiliser le 135L f2. Tout comme celui que j'ai d'utiliser mon 85 1.8. Ou que j'avais d'employer le 100L HIS.... Je dirais même que le plaisir d'utilisation du 135L f2 me semblait supérieur à celui du 70-200LII 2.8IS... diantre.

Alors je pense être un garçon un peu inquiet de nature (=> trop prévoyant), raison pour laquelle j'apprécie les zoom amha. Mais le plaisir procuré par l'utilisation de ces cailloux fixes est tel que je serais bien prêt à prendre quelques risques, mesurés. D'où l'idée du G12 ou S95 en renfort, placebo rassurant mais certainement efficace.

Si je conserve mon 24-70, je crains de choisir la facilité et de laisser au placard les fixes. Or à chaque fois que je monte un fixe, je suis toujours comme un enfant dans un magasin de bonbons avec une cape de super-héro. Je pense alors que le meilleur choix serait de privilégier le plaisir et la recherche esthétique. L'outil n'est rien sans le photographe, mais l'outil participe au plaisir et ça se voit tout de même au final. Je pense aussi bêtement être <2.0-addict. Depuis que j'ai découvert le bokeh avec le 50 1.4 à l'époque puis le 85 1.8... j'en suis devenu raide dingue et même 2.8 c'est une limite syndicale au delà de laquelle je n'aimerais plus passer.

A mon avis jusqu'ici, j'ai voulu penser rendement, sécuritaire, or.... je ne suis pas photojournaliste. Je n'ai pas d'impératifs. Je n'ai aucune obligation de résultat. Je ne vis pas de ça. Et je pense à tord avoir agit comme si j'avais de tels impératifs jusqu'à présent, ce qui me conduisait finalement à écarter des cailloux pourtant exceptionnels au profits de cailloux plus ''rassurants'' d'un point de vue pratique. Ca m'est égal de louper la nouvelle expression de ma fille, elle refera la même bouille une autre fois. Tant pis si je manque la photo de ses premiers pas, je préfère m'extasier et le vivre avec elle...

J'imaginais aussi que la paternité était associée à une espèce de mission divine qui consistait à immortaliser tous les instants magiques avec son enfant, sans en louper une miette. Or en pratique ceci est non seulement impossible, mais incompatible avec la vrai vie, puisque ces moments on a avant tout envie de les vivre avant de les photographier...

Cette approche sécuritaire et angoissée m'aurait donc fait un peu.... perdre le sens des priorités. Je suis amateur et j'ai envie de faire des belles choses sans devoir tout calculer, tout prévoir.... Avec aussi des sujets qui me motivent. Je préfère 100x avoir UN cliché superbe de ma fille plutôt que cent typés ''famille'' mais sans intérêt esthétique, ce genre de cliché qu'on regarde une ou deux fois mais qu'on ne va pas coller au mur, agrandir, enfin vous voyez. Pour ça il y a mon TZ10 ou le futur G ou S.

Pas facile. Je découvre peu à peu le fossé qui sépare les idées que j'avais avant la naissance de ma fille et durant ses premiers mois de vie, et la réalité de ma pratique photographique. A chaque fois que je me retrouve avec un caillou fixe entre les mains, mon coeur est partagé entre angoisse (et si je monte ça, je risque louper ci, et si je mon ci, je risque louper ça...) et joie intense. Quand je monte un zoom, je suis rassuré, limite bradycarde, mais je pense avec émotion aux fixes que j'aurais pu utiliser. J'ai voulu tout avoir, et ce fût difficile de choisir (ce qui explique le poids de mon sac aujourd'hui quand je pars en balade... ).

Je me demande donc si je ne préfère pas que mon coeur palpite.