La hausse du nombre de pixels est autant recherchée que décriée, et fait en cela une ambivalence qui n'est pas dénuée d'intérêt.

Certes, la pixelite n'est sans doute pas dénuée d'un double intérêt marketing. Tout d'abord c'est simple à comprendre, et c'est un argument marketing aussi simple qu'efficace (mais pas nécessairement pertinent) pour comparer deux produits. Ensuite, cela justifie un renouvellement du matériel, à la fois du boîtier (il y a "mieux" sur le marché), mais également du parc optique, puisque comme dit précédemment, plus la densité est forte plus les défauts sont impardonnables, et finalement de tout le reste (un bon PC pour traiter, des cartes rapides pour le transfert, un espace de stockage en proportion, etc.).

Nombre de photographes pestent contre cette course aux pixels. On dit qu'ils sont inutiles, sauf à vouloir imprimer en 4×3, ce qui est assez rare, et que les contraintes (renouvellement matériel évoqué, stockage, etc.) sont démesurée pour un gain qui n'est pas perçu.

Mais dans le même temps, nous ne sommes pas si rares à céder aux sirènes des pixels, et à renouveler notre matériel vers ce type de boitier (je crois que les 5Ds 5DsR ne se sont pas si mal vendus).

Malgré les inconvénients que je soulevais quand à une forte densité (exagération AC, piqué plus sensible, diffraction lumineuse), il faut relever que ceux-ci sont indifférents tant qu'on ne recadre pas. Pour reprendre l'exemple des AC, si elle fait 3 pixels sur le capteur moins dense et 6 pixels sur un second, il n'y aura pas de différence si les deux images sont tirées à un même format.
Les traitements numériques verront un grand avantage à avoir plus de matière, c'est assez notable pour le débruitage, mais c'est vrai pour pas mal de choses. Et puis l'air de rien, un bon crop donne une souplesse et permet parfois d'améliorer grandement une image. Rien ne vaut un cadrage soigné lors de la prise de vue, bien entendu, mais on apprend aussi lors du post traitement ce qu'on aurait pu couper pour donner de la force à l'image, tout en obtenant une photo exploitable.

En ce sens, la course aux pixels peut aussi représenter un gain pour le photographe. Mais naturellement, il faut prendre de la hauteur par rapport aux données brutes, les images ne seront pas nécessairement deux fois plus détaillées avec deux fois plus de pixels (l'optique doit suivre).