Salut, Frédéric,
La "Hetfield touch" qu'évoque Mnemmeth... C'est un beau compliment en ce qu'il renvoie à une griffe qui t'est personnelle. Faite de qualités techniques, esthétiques, d' un regard, d' une charge symbolique. Difficile de tout réunir chaque fois. Par exemple, sur les paysages, l'évocation se fait d'autant plus vive qu'elle est portée par l'exotisme des lointains célébrés par la poésie (cf la série qui t'a valu un éoscope). De même tes photos de la ville ouvrent-elles à une lecture plurielle qui saisisse les différents niveaux d'interprétation...
Ici, la lecture est peut-être plus directe mais on retrouve les composantes de tes qualités: le choix du moment, le cadrage qui ne laisse rien au hasard, de la vague en mouvement à la ligne discrète de nuages en passant par la percée du rivage et le soleil déclinant, comme coupé de son halo dont il reste la tache jaune. Equilibre de la nature, version atlantique, et c'est beau. Beau par les teintes et leur variation, sur le marine, sur l'orange; beau par l'élégance des couleurs, comme ce rosé reflété sur la mer. Très belle offrande de dégradés, en déclinaison de bas en haut, de droite à gauche.
En somme, ta touche, ici, c'est surtout cette belle harmonie des couleurs dans ces moments dont on ne se lasse jamais quand le soleil se couche. Et un hommage rendu à la beauté des éléments, sans caractère artificiel ni des coloris ni des premiers plans incongrus dont je ne risque pas de regretter l'absence. C'est pourquoi, tout en appréciant les aspects plus classiques de la deux dans les proportions et la sphéricité du soleil, je garde cependant une petite préférence pour la une, grâce aux effets de profondeur qui font parler la mer.
Merci, Frédéric: de voir tes images, c'est toujours une cure de beauté, d'intelligence.