Ce qui m'a intéressé c'était la confrontation de l'image du train, qui est une promesse de mouvement, et celle de cet homme, qui reste assis devant et ne le prendra pas. Et elle est effectivement prise entre deux wagons depuis une voie voisine.

L'émotion, on en voit ou pas. C'est le propre de l'émotion. Une façon de traiter un sujet te touche, ou pas, c'est le propre de ce type de mode d'expression. Perso, j'y vois un sens particulier, sans quoi je ne l'aurais pas mises en ligne. C'est affaire de goût.

En revanche, je réfute le terme de voyeurisme. D'abord parce que tu ne connais rien de l'histoire de ce cliché, et ensuite parce que parmi toutes celles que j'avais, par décence j'ai choisi - à dessein - une photo ne montrant son visage (même si, du coup, je trouve que cela rajoute quelque chose à l'image).

Je crois voir de quel portrait tu parles. Celui d'un vieillard sur un ban de Conflans ? Et en quoi cette photo serait une démonstration moins "choquante" de la misère ? D'autant plus qu'il me semble me souvenir que son auteur précisait que c'était un portrait volé. Si c'est bien de cette photo dont tu parles, elle est certainement plus réussie que la mienne (je n'en disconviens pas), mais elle fait écho à la terrible solitude de la vieillesse, et témoigne d'une pauvreté sans doute moins matérielle, mais tout aussi tragique.