Le bientôt ivre (extrait) hi hi hi !


...Du coup le spleen m’a pris ; j’ai quitté l’Angleterre
Désireux d’explorer les abysses, là bas,
Hanté d’une question pas du tout terre à terre,
Et vitale, à coup sûr : tuba or not tuba ?

Je n’imaginais pas survivre sans bouteilles
Et j’ai couru m’inscrire à un stage PADI
Pour approcher des fonds les sublimes merveilles,
Mais la mer est traîtresse ; ils ne l’avaient pas dit !

Mon Autoreflex T, en caisson Ikélite,
Pour un joint mal graissé a pris son dernier bain !
L’ Océan vous sourit et se reprend très vite !
Ma mère l’avait dit : « Prends toujours garde aux joints ! »

Moins douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra mon boîtier tout métal !
J’ai lâché des jurons qu’il faut que je censure
Et, pour calmer mon cœur, j’ai pris « les Fleurs du Mal »

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! Que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir, que le monde est petit !

Les grands textes, souvent, m’emportent dans leurs vagues ;
Je vogue, en d’autres temps, vers d’éternels étés ;
J’ai ainsi pris mon pied (si, si ! c’est vrai ! sans blague !)
A lire l’édito de Guy-Michel Cogné !

La tempête a béni mes éveils maritimes,
Plus léger qu’un bouchon d’objectif chez Sigma
J’ai dansé sur les flots et, pour folie ultime,
Je me suis enrôlé sur un joli trois mâts...