Étant entendu que pour chaque diaphragme choisi (en mode Av) l'appareil choisit une vitesse d'obturation adaptée à la luminosité du sujet on n'a pas trop à se soucier du rôle du diaphragme pour contrôler l'exposition. Le rôle essentiel du diaphragme est de contrôler la profondeur de champ de l'image.

Avec un diaphragme très ouvert la profondeur de champ est faible, ce qui peut être utilisé pour séparer nettement le premier plan net (un portrait par exemple) d'un arrière-plan très flou, pour ne pas distraire l'attention du sujet principal.

Par contre si la scène s'étale en profondeur et qu'on souhaite avoir les différents plans nets (aussi bien proches que lointains) il faudra fermer le diaphragme au maximum. Les anciens objectifs pour argentique possédaient une bague de profondeur de champ qui permettait d'estimer l'intervalle de netteté. Ce n'est plus le cas actuellement hélas avec la plupart (ou tous ?) des objectifs modernes. Donc c'est au pif, sachant que quand on fait la mise au point pour une distance donnée la profondeur de champ se répartit à peu près pour 1/3 en avant et 2/3 en arrière de la distance de mise au point.

Alors pourrait-on penser, en cas de doute il faut fermer au maximum. La réponse est non. En effet si on ferme trop, quelle que soit la qualité de l'objectif, il apparaît un phénomène de diffraction d'autant plus marqué que le diaphrame est plus fermé. Là encore c'est au pif, mais en gros il ne faut pas fermer à plus de 16 (8 et 11 étant généralement optimum).

Pour isoler le premier plan, peut-on ouvrir au maximum ? Là encore la réponse générale est non. En effet on améliore les performances de l'objectif en fermant de un ou deux diaphragmes car plus on ouvre et plus les défauts de l'objectif apparaissent. Toutefois avec les objectifs les plus coûteux on peut souvent utiliser l'ouverture maximum : il n'y a pas de miracle, ça coûte cher ! On voit donc tout l'intérêt d'acheter un objectif avec une grande ouverture : déjà un objectif de gamme moyenne n'est pas très lumineux, mais en plus pour en tirer le meilleur parti il ne sera pas recommandé d'utiliser l'ouverture maximum.

Bien entendu on pourra se heurter à des problèmes dépendant de la lumière disponible : le diaphragme qu'on souhaiterait utiliser peut entraîner une vitesse trop lente si la lumière est insuffisante. Inversement trop de lumière peut empêcher d'utiliser la pleine ouverture parce qu'elle conduirait à un temps de pose trop court. Par exemple pour photographier une cascade un temps de pose trop court donnera une image trop figée de l'eau.

On peut jouer sur la sensibilité pour pallier une lumière trop faible, mais le risque est l'apparition du bruit dans l'image, d'autant plus marqué qu'on choisira une sensibilité plus forte (et aggravé si l'image est sous-exposée). Inversement en cas de luminosité excessive il faut choisir la sensibilité la plus faible possible, voire même dans certaines cas, placer un filtre gris devant l'objectif.

Bref tous ces réglages reposent sur des compromis que seule l'habitude permet de choisir au mieux.